Roland de Jouvenel (1932-1946) – 14 ans


À partir du moment où il fut emporté par une maladie mystérieuse, le jeune Roland commença à communiquer avec sa mère, Marcelle, par l'intermédiaire de l'écriture automatique en 1947. Les messages ainsi reçus figurent dans les ouvrages publiés par les éditions Lanore : "Au diapason du ciel" (1948), "Quand les sources chantent" (1950), "Au seuil du royaume" (1954), "En absolu fidélité" (1959), "Comme un secret, comme une flamme" (1968), "La seconde vie" (1968).


Au lendemain de la seconde guerre mondiale, Marcelle de Jouvenel dut affronter l’épreuve des épreuves : le décès de son fils unique, Roland, âgé de 14 ans. Désespérée, elle tente de mettre fin à ses jours en se jetant par la fenêtre, mais sent une main invisible la retenir par l’épaule. Plusieurs phénomènes inexpliqués se succèdent. Bien que réticente aux conseils d’une amie, elle finit par accepter d’expérimenter l’ écriture automatique. Les messages qui vont se succéder pendant plusieurs années sont d’une telle force, d’une telle beauté, qu’ils feront jusqu’à nos jours, en France, en Suisse, en Belgique et en Italie, l’objet d’études et de conférences. Cinq petits volumes (édités chez Fernand Lanore) évoquent le lien constant qui exista entre une femme en proie aux doutes et à la solitude, et son fils toujours aimant, parfois sévère, qui lui dicta de nombreux messages. Inlassablement, la main de sa mère traça, sous la conduite de Roland, des textes pour elle-même, mais également pour tous ceux qui ont perdu un être cher. Quelle que soit l’opinion de chacun sur l’Au-delà et sur la réalité de cette expérience, ces messages sont remarquables.

En voici quelques extraits tirés des cinq volumes dont nous recommandons la lecture, édités aux Editions Fernand Lanore: Au diapason du Ciel, Quand les sources chantent, Au seuil du Royaume, En Absolue Fidélité, La seconde vie.

" Ce que parfois les hommes ne peuvent faire de leur vivant, ils le réalisent de leur ciel. "

" Chacun sur Terre doit déjà forger sa vie future, car la vie éternelle n’est qu’un prolongement. Dis-toi que ta vie humaine n’est qu’une racine en terre, une graine dans l’argile, et que ton éclosion sera au Ciel. "

" Les communications sollicitées ont toujours le caractère d’une provocation ; seul porte le sceau divin ce qui est donné. "

" Le Seigneur donne ou ne donne pas. Votre rôle à vous est seulement de tendre les mains. "

" Les signes ont une répercussion en vous proportionnés à votre degré de chaleur intérieure. Tout dépend du niveau sur lequel vous vivez. Pour recevoir haut il faut se maintenir aux branches les plus élevées. Les signes, il y en a beaucoup, il y en a pour tout le monde, mais c’est la manière dont ils sont enregistrés qui en font des signes reliés ou non. La tonalité d’un accord est la même pour ceux qui écoutent, cependant à l’oreille de l’un elle n’est que du bruit, tandis que pour cet autre elle le hausse jusqu’à un état d’âme supérieur. "

" Il y a dans la solitude nostalgique du rêveur incompris un phénomène de " foisonnement " interne si grand qu’il fait pression sur l’unité (…) A titre égal, tous ceux qui cherchent font partie de l’ensemble, et de la lumière rédemptrice sera également partagée. L’important est de vivre au sommet de soi-même. "

" Il y a un âge pour les âmes, comme il y a un âge pour les hommes (…) la survie prend naissance dans les êtres dès leur naissance ; cette survie est ce double qui vit dans le corps et qui éclot à la mort. Il ne faut pas croire que les êtres n’ont pas déjà un âge en arrivant ici. Cet âge est calculé d’après leur évolution intérieure. Il y a des vieillards qui naissent à leur mort et des jeunes qui arrivent chargés de science millénaire. Le double en vous est comme le parfum d’une fleur. Pourquoi y en a-t-il qui embaument ? Réfléchis au mystère de la flore, à tout ce qui se joue dans ce mystère : le climat, la qualité de la terre, et bien d’autres éléments encore, indispensables pour la rareté des effluves. Pour l’âme il en est de même ; tout a une importance. Et c’est parce que l’âme se développe comme une plante que vous devez cultivez vos climats intérieurs. "






" Toute concrétisation est une vision fausse. Vous avez tous raison et tous tort, car le paradis pour chacun ressemblera à son paradis intérieur, puisque de l’autre côté de vous-même, c’est encore vous-même, vous n’échapperez pas à votre identité. "

" L’essentiel dans une vie doit être la foi. La valeur que doit avoir la foi est la suivante : imagine une pièce toute noire avec, au centre, une étoile. Sous l’ombre, mille objets peuvent se cacher ; seul le point lumineux brille. Si tu n’as pas la foi, tout ton être intérieur tombe en poussière, ton royaume mystique est en cendres, tu vis dans les décombres du matérialisme. La foi, c’est ta boussole spirituelle. Elle te guidera vers Dieu ; elle sera aussi pour ton corps comme la voile d’un bateau. Et lorsque, après la mort, la brise céleste soufflera, tu te trouveras sans effort transportée au royaume des anges. "

" Si les hommes croyaient en la survie, la face du monde serait changée. "

Cette phrase de Roland mérite quelques développements.
C’est ce qu’a fait Jean prieur :

Si les hommes croyaient en la survie, beaucoup moins nombreux seraient ceux qui pensent : " Tout est permis, tout est possible, il suffit de ne pas se faire prendre ; et même si l'on se fait prendre, qu'est-ce qu'on risque ? La justice humaine est si arrangeante, si laxiste, la boiteuse est si bonne fille."

La face du monde serait changée : le mal serait moins arrogant, moins sûr de lui, à l'idée de rencontrer un jour cette justice aux balances exactes qui a pour nom : loi de cause à effet. Messieurs les assassins, poseurs de bombes, preneurs d'otages, bourreaux et violeurs d'enfants, seraient au moins retenus par la peur de se retrouver, de l'Autre Côté, dans les angoisses infligées à leurs victimes. Les bourreaux d'animaux sauraient, eux aussi, qu'ils auront des comptes à rendre.

La face du monde serait changée : le crime de sang serait plus rare. Plus rare aussi le crime mental, qui consiste à détruire psychiquement un être par la critique incessante, l'humiliation, la calomnie. Le crime mental, qui échappe entièrement à la justice humaine, est encore plus révoltant que l'autre, parce qu'il ne prend aucun risque, s'étale sur des années et parfois sur toute une existence. C'est le crime parfait, seulement parfait sur la Terre.

La face du monde serait changée : ceux qui ont opté et œuvré pour le mal seraient en partie freinés. En revanche, ceux que le malheur accable se diraient:" Je suis dans le creux de la vague, bientôt j'émergerai et, si les beaux jours ne surviennent pas ici, ils surviendront dans l'autre vie, infiniment plus longue que celle-ci."

Les aveugles, les sourds, les handicapés, les paralysés, supporteraient mieux leur épreuve en sachant qu'elle est provisoire et que, dans un corps spirituel délivré de toute infirmité, ils verront, ils entendront, ils marcheront. Et là-bas, les aliénés recouvrent la raison.

La tentation du suicide disparaîtrait, puisque ce geste ne débouche pas sur le néant, puisque l'on retrouve Là-bas les problèmes auxquels on croyait échapper. La drogue, ce suicide partiel, ferait moins de ravages, car il faut savoir que la souffrance du manque est terrible de l'Autre Côté.


L'Au-delà, quoi qu'en pense certaine littérature qui fait dans le bleu et le rose, ce n'est pas Alice au pays des merveilles, ce n'est pas davantage Disneyland. Tout le monde n'est pas beau là-bas, et tout le monde n'est pas gentil.

Si les hommes croyaient en la survie, les prophètes de l'absurde et l'existentialisme athée auraient eu dans les années 50 moins de zélateurs. Les fanatiques , les fondamentalistes, les barbus de tout poil mettraient en ce moment une sourdine à leurs clameurs et ne feraient plus haïr le nom sacré de Dieu.

La vieillesse ne serait plus une période de stagnation et d'anxiété, mais le temps précurseur de la nouvelle naissance, l'attente du renouveau et du recommencement. " Il y a tant de choses à faire, dirait la personne âgée, avant que je m'en aille et que je disparaisse. "

Ceux qui ont perdu un être aimé, principalement un être jeune, continueraient, certes, à être déchirés sur le moment : un enfant qui meurt c'est la fin du monde. Mais l'apaisement viendrait plus vite et il aurait bientôt les caractères de la joie.

Si les hommes croyaient en la survie immédiate et concrète, ils comprendraient le sens intime des Ecritures, elles ne leur apparaîtraient plus comme des récits mythologiques, comme des recueils de dogmes incompréhensibles ; elles auraient enfin à leurs yeux un contenu objectif. Les religions, qui se présentent la plupart du temps comme des écrans entre Dieu et ses créatures, seraient enfin fidèles à leur vocation, qui est d'apporter au monde les paroles de la Vie éternelle et universelle.

Bref, si le hommes croyaient en la survie, la mort ne serait plus synonyme de fin et d'anéantissement, le mal serait moins mauvais, le bonheur moins fragile, les épreuves moins lourdes, la Révélation plus claire et la vie plus vivable, qu'elle soit quotidienne ou internationale.

Tous ces thèmes ont été développés par Jean PRIEUR dans plus d'une trentaine de livres.