Réincarnation  -  Vies antérieures

Oeuvre de J. WALL

 

 

La croyance en la réincarnation peut être assimilée à une doctrine selon laquelle un certain principe immatériel (« esprit », « âme », « conscience individuelle ») s'accomplit au travers de vies successives dans différents corps (humains, animaux ou végétaux selon les croyances). Dans cette doctrine, à la mort du corps physique, l'« esprit » quitte ce dernier pour habiter, après une nouvelle naissance, un autre corps, ce qui permettrait à l'individualité de poursuivre ses expériences de vie et son évolution spirituelle ou morale.

La conception occidentale de la réincarnation est une évolution de l’idée antique et orientale. Mais, alors que l’hindouisme, le bouddhisme et le jaïnisme considèrent la réincarnation comme une catastrophe – le but de la vie étant de se libérer du cycle des existences dans les deux cas – beaucoup d’Occidentaux croient que la réincarnation est désirable. En effet, si nous apprenons lors de chaque incarnation, nos personnages ne peuvent que devenir plus élaborés et complexes. Les lois de la destinée et du karma gouvernent le processus de la réincarnation. "Karma" est un terme sanskrit qui signifie "action-réaction" et a son équivalent dans le terme grec de Némésis, "la déesse aux yeux bandés" représente le côté tant impersonnel qu'universel d'un principe qui régit tous les domaines d'existence, et pas seulement celui de la réincarnation. Cette loi de nécessité dirige tout le créé et c'est pourquoi elle est à proprement parler, impitoyable. Pour certaines personnes, la réincarnation vise à expliquer la raison des inégalités entre les êtres humains, le pourquoi de certaines épreuves rencontrées, et justifie également l'existence de la mort. La mort n'est plus la cessation de vie, mais le prélude à un temps-bilan (dans un "lieu" que certains appellent en Orient le kamaloka) qui conduit à choisir le contexte d'une nouvelle naissance d'une durée plus ou moins longue.

Pour ce qui est d'une "justification" de la misère, il faut bien préciser que si, par exemple, quelqu'un vient à décéder lors d'une catastrophe naturelle, c'est bien "en raison" de ses actions passées que cette personne se trouvait là à cet instant, sans que l'on doive nécessairement qualifier ceci de bien ou de mal. On objecte alors parfois que certaines personnes souffrent "de par leur naissance". Et c'est entre autres un argument qui vient étayer la croyance en la réincarnation : telle naissance est, elle aussi, l'effet d'actes passés, accomplis dans une existence antérieure.

Par conséquent, s'intéresser à la réincarnation, c'est aussi tenter de pénétrer les mystères de l'après-vie et des éventuelles vies successives, y compris des vies passées sur cette Terre, voire sur d'autres planètes habitées.

C'est vers la fin du XIXe siècle que la réincarnation fait un grand retour en Occident, sous la double influence d'un regain d'intérêt pour l'occultisme et de l'étude plus systématique des religions venues d'Inde (hindouisme et bouddhisme) par les anthropologues et philosophes occidentaux (notamment Schopenhauer).

Plusieurs groupes "ésotériques" placent la réincarnation (ou en tout cas une version occidentale de la réincarnation) au cœur de leurs enseignements. Parmi ceux-ci, on peut citer la Théosophie, fondée par Helena Blavatsky en 1875.

Par ailleurs, la doctrine spirite, codifiée Allan Kardec dans Le livre des Esprits en 1857, est en partie fondée sur la croyance en la réincarnation.

 

Ian Stevenson


Une réflexion « scientifique » sur la réincarnation fut animée aux États-Unis jusqu'en 2002 (année de ses 82 ans) par le Canadien Ian Stevenson dont on a dit qu'il était soit un grand mystificateur, soit le Galilée du XXe siècle. Les conclusions officielles de Ian Stevenson sont extrêmement prudentes. Stevenson a recensé 2 600 cas, mais en a publié 64 de façon complète, en six gros volumes qui ont été publiés en anglais par les Presses de l'Université de Charlottesville. Dans tous les cas, les allégations des enfants prétendant se souvenir de leurs incarnations antérieures ont été vérifiées. Et dans le dernier livre qu'il a publié, il y a ajouté 6 observations recueillies en milieu occidental, car les 64 observations primitives ont été uniquement recueillies dans des civilisations qui acceptent l'idée de la réincarnation (Ian Stevenson, Vingt cas suggérant le phénomène de réincarnation. L'enquête la plus sérieuse au monde, 1re éd. 1966, trad. 1985). Des maîtres bouddhistes de formation scientifique comme Ajahn Brahm considèrent les travaux de Stevenson comme tout à fait fiables et constituant une preuve scientifique de la réincarnation, en regrettant que la communauté scientifique les ignore.

 

Source : Extrait de Wikipédia.org